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Textes du Cdt Hautecler (Service Historique), du Lt Autphenne (chef du peloton nord), du Sergent Talbot (combattant de Bodange) et du GenMaj Descamps (Commandant la 1DChA), adaptés et illustrés pour Internet.


INTRODUCTION

Mai 1940, le plan d'invasion allemand était très simple : faire un effort secondaire, mais spectaculaire, au nord de la Meuse; mettre l'effort principal, mais très discrètement, au sud de la Meuse, en perçant rapidement à travers les Ardennes, puis en franchissant la Meuse (Sedan, Montermé, Dinant) et en fonçant vers la mer, contournant ainsi les Alliés.

Le plan français était aussi simple : défense ferme entre Bâle et Sedan, sur la ligne Maginot et son prolongement, ensuite, "en venant au secours de la Belgique" sur la ligne dite de la Dyle, en fait, la Meuse, puis Namur, puis la ligne Namur-Wavre, puis les Britanniques jusqu'à Louvain, puis les Belges sur KW.

L'Ardenne serait donc un secteur passif. Le Haut Commandement belge n'y consacrerait finalement qu'un tout petit groupement, le Groupement Keyaerts dont la 1DchA, sans son artillerie, égrenée sur 85km entre Arlon et La Gleize… Encore la mission de ces pelotons éparpillés n'était-elle que " d'agir par les obstacles et les feux lointains, sans se compromettre, l'affaire principale étant, ultérieurement, la défense de la Meuse entre Huy et Engis ". C'est dire qu'il ne faut pas tuer ces bonnes troupes en Ardenne, mais bien les conserver pour plus tard, sur la Meuse.

Pour les Français, l'Ardenne était une zone de reconnaissances éloignées en avant de la position principale de la défense de la France (sud de Namur, Givet, Sedan, Montmédy…) (9e et 2e Armées).

On voit donc dans quel contexte la 1DChA se trouve au matin du 10 mai 1940 et quelle doit être sa façon d'agir : réaliser les trois cents et quelques destructions, marquer un coup d'arrêt à l'ennemi " sans se compromettre ", puis se replier plein nord - à bicyclette ! - en marquant encore l'un ou l'autre coup d'arrêt (Ourthe, Hoyoux) si l'occasion s'en présente.
Nous retrouvons ainsi le 2e Bataillon du 1ChA, avec, notamment, sa 4e compagnie (Cdt Kelecom) à Martelange et sa 5e compagnie (Cdt Bricart) à Bodange et Strainchamps, face à l'est, derrière de bons obstacles : ponts sautés, mines, barbelés et fossés antichars.

Les hommes sont sur leur positions depuis plusieurs mois; les gardes aux destructions sont nombreuses; les effectifs sont faibles (cours, congés spéciaux et congés réguliers).

Nous demandons au lecteur d'être bien conscient que, comme à Eben-Emael en ce funeste matin, on est encore en temps de paix à Bodange! Les nôtres n'ont pas eu de "drôle de guerre", et le 9 mai au soir, les permissions étaient même rétablies...





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